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Confesser
Jésus-Christ dans une société laïque
Qu’est-ce
qui fait autorité dans notre vie ?
Décision 19 : Une autorité qui rend libre
Nous croyons en Jésus-Christ : il «
est venu pour servir et non pas pour être servi »
(Évangile de Marc 10, 45). Reconnaître son
autorité, c’est d’abord accepter de se laisser
servir par lui. Il nous donne la liberté, la confiance, le
courage pour être comme pour agir.
Nous croyons en Jésus-Christ : il nous
libère de notre désir d’exister par
nous-mêmes ou en fonction des autres et de chercher ainsi
l’assurance de notre valeur. Grâce à son
autorité, nous ne sommes plus le centre de nous-mêmes. Il
donne à notre vie une dignité et une identité que
nous n’avons plus à conquérir.
Nous croyons en Jésus-Christ : il a
vécu de la parole du Père. Son autorité est
créatrice et elle nous fait grandir dans notre humanité.
Son autorité ne contraint pas. Elle construit des relations de
confiance. Elle est crédible et légitime.
Fondé sur cette confession de foi, le
Synode national de l’Eglise Réformée de France
réuni à Aix-en-Provence du 5 au 8 mai 2005 formule les
convictions, recommandations et propositions suivantes :
1 - Fragilité et
puissance de l’autorité de Jésus-Christ
Enracinés dans les convictions
évangéliques de la Réforme, nous affirmons que
l’autorité, dans l’Eglise, appartient seulement au
Christ. Personne ne peut s’approprier son autorité, ni la
remplacer. Le Christ et l’Eglise ne peuvent pas être
confondus. En même temps, si le Dieu de Jésus-Christ est
le seul à sauver, guérir, pardonner, ouvrir un chemin,
nous en sommes les témoins.
Contesté par les pouvoirs religieux et
politiques de son temps, Jésus s’est
révélé dans la faiblesse et l’abandon de la
croix. Ce n’est pas en fonction d’un statut reconnu
qu’il a fait autorité, mais par la puissance de ses actes
et de ses paroles. C’est pourquoi, la foi en Jésus-Christ,
mort et ressuscité, ne saurait conduire à
l’exercice d’un pouvoir qui cherche à imposer des
normes ou des croyances. Seuls les effets de nos paroles et de nos
actes pourront attester d’une autorité légitime.
2 – Une
laïcité ouverte
Dans le cadre de la République
française, nous réaffirmons notre attachement au principe
de la laïcité qui distingue le religieux et le politique.
Nous soutenons une vision ouverte de la laïcité qui
reconnaît la pluralité culturelle et religieuse, qui
favorise l’esprit critique, qui permet la confrontation et le
respect des identités.
Le Synode national, récusant le
prosélytisme agressif ou manipulateur, demande au Conseil
national, en lien avec la Fédération Protestante de
France, d’intervenir auprès des pouvoirs publics pour
rappeler les principes de la liberté religieuse,
conformément à la loi de 1905 et à la convention
européenne des droits de l’homme, notamment lorsque le
droit des minorités est menacé.
Par ailleurs, il invite les Eglises locales, en
lien avec les Œuvres et Mouvements, à mener des actions
concrètes en suscitant, dans une dynamique
œcuménique, des rencontres et des partenariats
interreligieux, des collaborations avec le monde associatif dans les
domaines caritatif, culturel, éducatif, etc.
3 – Citoyen et
chrétien
Reconnaissant la légitimité des
autorités civiles, nous assumons nos responsabilités
sociales et politiques. En même temps, pour nous, la soumission
à l’autorité de Jésus-Christ fonde la
liberté de conscience. C’est ainsi que nous vivons une
tension positive : l’autorité du Christ, instance «
dernière » ou ultime, conduit vers une reconnaissance
sereine des autorités civiles que nous considérons comme
instance « avant-dernière ».
4 – Attester la
pertinence du message chrétien
La foi en Jésus-Christ, dans ses diverses
expressions, ne saurait se limiter à la sphère
privée. Le Synode national encourage les Eglises locales et
leurs membres à saisir toutes les occasions pour se mettre
à l’écoute des autres et pour témoigner de
l’Evangile d’une manière explicite. Il demande au
Conseil national de poursuivre le développement des outils de
formation, d’animation et de communication nécessaires
pour que soient soutenues les initiatives communautaires et
personnelles.
Dans le souci de témoigner avec
lucidité et bienveillance, persévérance et humour,
nous sommes confrontés à de nombreux défis :
La dignité
irréductible de l’humain
La société dans laquelle nous vivons
encourage le culte de la performance, de la rentabilité et de la
réussite. L’être humain lui-même est parfois
devenu une valeur marchande. Le Synode national atteste que
l’Evangile a pour projet de fonder la dignité
irrécusable de l’être humain. Au cœur de la
foi chrétienne réside l’affirmation de la valeur
inconditionnelle de chaque personne devant le Dieu de
Jésus-Christ. Ce message, réaffirmé par la
Réforme, est aujourd’hui d’une pertinence
inégalée.
Un avenir ouvert
Nous sommes parfois angoissés face à
un avenir que nous avons du mal à nous représenter. Le
manque d’horizon conduit à se réfugier dans la
nostalgie ou à se replier sur le seul moment présent.
Nous croyons que Jésus-Christ est venu ouvrir une brèche
dans une réalité apparemment fermée et
bloquée. Sa résurrection fonde notre espérance :
la vie reçue triomphe des forces de la mort, de la
fatalité et de la résignation. L’Esprit nous rend
capable d’imaginer et de construire les formes possibles de notre
avenir individuel et collectif.
Un appel à
traduire la Bonne Nouvelle
Toute conviction affirmée est
aujourd’hui soupçonnée d’intransigeance et de
dogmatisme. Or nous croyons que nos communautés sont
accueillantes lorsqu’elles ont une identité solidement
construite. Elles sont capables de se transformer et de se
développer lorsqu’elles sont animées par des
convictions courageuses. C’est un Esprit de liberté que
nous avons reçu pour parler et agir sans nous laisser troubler
par le conformisme ambiant. Que la parole de liberté devienne
aujourd’hui notre liberté de parole !
Nous sommes appelés à un engagement
communautaire et personnel pour témoigner concrètement de
ce que nous avons reçu, là où nous vivons.
C’est notre responsabilité. À chacun de traduire la
Bonne Nouvelle pour aujourd’hui en paroles et en actes.
(77 voix pour ; 0
contre)