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Saint-Quentin-en-Yvelines

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Noël, un cadeau ?

« Noël, ses musiques, ses odeurs, ses saveurs ! Petits et grands attendent avec impatience ce temps qui revient chaque année pour réjouir nos papilles et nos coeurs. Et si Dieu nous parlait aussi, à Noël, avant les chocolats et les cadeaux, ou plutôt, au milieu ? Car n’est-ce pas d’abord Lui qui s’est invité chez nous, ce premier Noël ? Mais comment dire la bonne nouvelle de la naissance de Jésus et en même temps faire du neuf ? Et comment se saisir de cette occasion de fête pour annoncer l’Evangile au plus grand nombre ? »

Ce sont par ces lignes qu’est présenté un ouvrage aux Editions Olivétan, intitulé « Noël un cadeau ». Pour ma part je mettrais bien à ce titre un point d’interrogation. Noël est-il encore un cadeau ? Pour deux raisons au moins il risque de ne plus l’être aujourd’hui.

D’abord parce que les budgets d’un grand nombre de personnes sont serrés, et que la tyrannie des cadeaux de Noël risque de priver certains du plaisir de donner. Que faire alors ? A mon sens il faut nous exhorter à la sobriété. Les grosses dépenses en cadeau, non seulement pourraient priver certains de la joie de donner, mais pourraient aussi nous priver tous d’exercer notre générosité envers celles et ceux qui en ont vraiment besoin.

Ensuite je rappelle le titre d’un autre livre, écrit par Jean-Claude GILLEBAUD, un journaliste maintenant bien connu, et intitulé « La tyrannie du plaisir ». Vous me direz que pour un Noël ça fait une deuxième tyrannie, et que ça commence à faire un peu beaucoup. Mais réfléchissons à deux fois. Noël peut être en effet d’abord une joie avant d’être un plaisir. Une joie qui est celle de la foi, de l’incarnation, du « Dieu avec nous », du Dieu qui vient déranger notre humanité. Ce n’est pas contradictoire avec le plaisir, mais ça ne l’oblige pas, c’est ce que veut dire notre auteur.



Quand Dieu nous dérange, fait intrusion dans notre vie, ça peut devenir une partie de plaisir, mais ça ne l’est pas forcément tout de suite, car nous sommes alors confrontés à nos résistances, à nos conversions nécessaires. Faisons donc de Noël une joie nouvelle, partagée, vécue dans la reconnaissance… de l’autre et de l’Autre.

Un cadeau de Noël c’est donc avant tout un signe que Noël peut devenir un cadeau. Il le sera dans la mesure où nous restons dans la sobriété et le joie de la Parole venue habiter parmi nous. Cette Parole éternelle a pris corps dans l’humanité, c’est un beau cadeau. A nous de devenir plus humain, et je le dis encore, moins tyranniques, d’abord avec nous mêmes et aussi avec nos proches, sans parler des lointains. Ces derniers ont aussi droit à notre attention, même s’ils sont lointains de cœur et de corps. Car l’éloignement du cœur c’est un mur dressé entre deux êtres, et l’éloignement du corps, c’est oublier ceux qui vivront Noël dans la peur du lendemain. Il ne s’agit pas ici d’être rabat-joie, mais seulement de dire que décembre sera plus humain et plus joyeux si nous avons du monde une vision qui dépasse la pointe de nos sapins.

Oui nous pouvons faire de Noël un cadeau, et je le dis sincèrement : joyeux Noël !

Pierre-André Schaechtelin
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