|
Pâques :
Interrogation ? Résurrection ! Proclamation!
Qu'aurions-nous fait à leur place ?
Ce matin-là, à Jérusalem, trois femmes du proche entourage de Jésus, pour
en parfaire la sépulture, se rendent au tombeau avec des aromates. Un
seul souci en tête : trouveront-elles quelqu'un d'assez fort pour en ouvrir
l'entrée, fermée par une imposante pierre que l'on déplaçait devant lacavité creusée dans la roche.
Une première surprise les attend : la pierre a été déplacée ! Le tombeauest ouvert !
Autre surprise lorsqu'elles pénètrent à l'intérieur : quelqu'un d'inconnu,
un jeune homme vêtu de blanc, se tient là, assis. Il leur adresse la parole
comme pour les informer et les rassurer, car c'est l'évidence, Jésus n'estplus au tombeau.
Sous ce double choc, sans doute perçoivent-elles à peine les paroles d'espérance
que ce personnage leur adresse. Dans leur tête tout se brouille. Elles
sont venues pour des gestes de respect envers un mort qui leur était proche.
Voilà qu'on leur dit qu'il s'est réveillé, qu'il s'est relevé, qu'il n'estplus ici et qu'il précède ses disciples en Galilée …
Elles-mêmes, sur place, n'en croient ni leurs yeux ni leurs oreilles.
Comment pourraient-elles en parler à d'autres qui n'ont pas vu ni entendu
? Comme prises par défaut, dans un premier temps, elles se taisent. Elles
ne comprennent pas et elles ont peur. Que craignent-elles donc ? Ont-elles
peur d'un complot contre les disciples de Jésus, que l'on dénonce ici
à Jérusalem comme des "Galiléens" ? Craignent-elles l'incrédulité des
disciples eux-mêmes ? Peut-être tout à la fois. Peut-être ont-elles peuraussi, de se tromper elles-mêmes. Qui sait ?
Fidèle à sa manière d'écrire et de transmettre, l'évangile de Marc nous
tient en halène en ce matin de résurrection. Chaque lecteur, chaque auditeur,
chaque témoin même a le droit de s'interroger. Chacun a le devoir d'y
regarder à deux fois, avant de se mettre à proclamer publiquement sa foi
en Jésus ressuscité. La démarche proposée par cet évangile est très pédagogique
: il convient de mesurer ce que cela implique, notamment à propos de croix
et de résurrection. Mieux vaut se taire que de faire semblant. Cet évangilea une singulière exigence de vérité.
Toutefois, ces femmes ne restèrent pas longtemps bouche bée. Même timidement,
"brièvement" nous dit le texte de l'évangile, elles "annoncèrent aux compagnons
de Pierre, tout ce qu'on leur avait enjoint de dire". (Marc 16, 9). Elles
participèrent en tout premier lieu à l'annonce de la résurrection. Leurtémoignage est fondateur.
A leur tour, en cette fête pascale 2004, les Eglises d'Orient et celles
d'Occident, vont proclamer, ensemble, le même jour, la résurrection deJésus le Christ.
Une exigence d'humilité, de vérité et de fidélité. Amen
(Evangile selon Marc 16, 1-9)
|