Prédication du dimanche 5 octobre 2008 par le pasteur Pierre-André Schaechtelin
Texte : Matthieu 21, 33-43
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Cette parabole pose la question de l’appartenance.
Quel est mon lien avec ce que je fais, ce que je possède, je ce que je suis. En suis-je le propriétaire,
est-ce que je me comporte comme tel ? qu’est ce que ça change ?
Contexte de l’entrée de Jésus à Jérusalem : Jésus dénonce l’injustice qu’il va subir dans cette ville et annonce déjà que
l’injustice n’aura pas le dernier mot : « la pierre… »
Il y a un propriétaire à qui appartient la vigne. C’est à lui que le fruit en revient. Il a préparé le terrain,
planté, entouré, creusé, construit, et finalement confié sa vigne.
Il y a les ouvriers : il refusent de remettre le fruit de leur travail à celui qui les a embauchés. Ils prennent
possession de ce qui ne leur appartient pas. Tuer, ce qu’ils font, c’est prendre possession.
Le message de Jésus :
1.Garder en notre possession le résultat de notre travail fait que notre travail lui-même nous sera enlevé. Car quand
on garde ce qu’on fait, on se replie sur soir, et on en meurt.
2.Produire du fruit, ou agir tout simplement, c’est reconnaître que ce que je fais ne m’appartient plus, il est remis à
celui qui m’a permis de le faire. La vie chrétienne permet d’arrêter de nous agripper à nous mêmes, et plutôt déposer
notre vie devant celui qui nous l’a confiée, et voir avec lui ce qu’on peut en faire de mieux.
Le parcours de Jésus lui-même : il va au bout de ce qu’il pense devoir faire, il le jusqu’à perdre sa vie, il la retrouve.
Et comme il s’agit du Seigneur de notre vie, il devient alors cette pierre principale sur laquelle je peux faire de ma vie
quelque chose d’utile.
En contraste : Le parcours des hommes qui contestent Jésus : ils disent et font beaucoup de bonnes choses, ils
construisent leur vie en s’appuyant sur les honneurs éphémères que les foules leur accordent, ils finissent
par s’effondrer, faute de fondements solides.
De même en ce qui nous concerne, si je m’enferme dans une logique de repli et d’étouffement sur moi-même, ce qui m’a été
confié à faire ne peut pas porter de fruit et sera confié semble-t-il à ceux qui s’ouvrent à une logique de vie et de
partage, c’est à dire à un chemin de foi.
Car la foi permet un partenariat entre Dieu, notre prochain et nous mêmes. Du coup nous devenons redevables de nous
ouvrir à Dieu et les uns aux autres.
Et du coup aussi nous sommes appelés à nous placer en position, non pas de propriétaire ultime de notre vie, mais plus
modestement comme dépositaires de ce que nous sommes et de ce que nous faisons.
Alors déposons notre vie devant Dieu Faisons bien ce que nous avons à faire, soyons généreux de nous-mêmes, et laissons
nous surprendre par le fruit que ça produira.