Prédication du dimanche 10 janvier 2010 par le pasteur Pierre-André Schaechtelin


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Frères et sœurs,
Le peuple attendait, plein d’espoir !
C’est par ce constat que commence l’évangile qui nous a été lu ce matin.
Le peuple attendait, plein d’espoir !
C’est déjà une bonne nouvelle ce matin de découvrir que nous appartenons à un peuple qui attend quelque chose, qui tend vers quelque chose, qui avance vers un horizon encore à découvrir.
Quoi de plus triste en effet que de ne plus rien attendre de la vie, ne plus rien attendre.
…de Dieu,
…ne plus rien attendre de soi-même,
…les uns des autres ?
Peut-on encore parler d’un chemin de vie quand nous ne sommes plus habités par l’attente
…d’une ouverture dans une vie fermée sur elle-même
…d’un projet là où nous n’attendions plus rien de neuf de notre vie ?
Il y a une Eglise qui avait arrêté d’attendre parce qu’elle se disait comblée de tout : il en est question à la fin de nos Bibles, et qui se targuait d’être riche et de n’avoir besoin de rien… et dieu lui répond sévèrement : tu ne sais pas que toi-même tu es misérable, pitoyable, pauvre, aveugle et nue…
Cette posture intérieure qui consiste en un mot à attendre quelque chose ou quelqu’un, nous découvrons que c’est en même temps un signe de modestie et un signe de vie, je dirais même de vivacité spirituelle. Car dans la vie de celui ou celle qui attend, il se passe toujours quelque chose.
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Il nous faut maintenant franchir avec l’Evangile un pas de plus avec la question suivante : ce peuple dont nous parle l’évangile de ce matin, ce peuple qui attendait….. il attendait quoi au juste, vers quoi son désir était-il porté ?
Cette question interroge l’objet sur lequel porte notre attente. Attendre c’est vivre, mais que sommes nous en train d’attendre ?

Une réponse nous est donnée dans notre lecture : Luc nous dit que tous se demandaient si Jean n’était pas le Christ, le Messie. Car attendre pour nos ancêtre du premier siècle de l’ère chrétienne, attendre c’est attendre un salut, une délivrance.
Je conclus par une piste de réflexion.
Il me semble qu’une vie spirituelle qui attend Dieu peut seule résister à une vie spirituelle qui serait fataliste. Je veux dire qu’une foi qui attend Dieu est une foi qui nous met en action, qui nous fait participer à la venue de ce que nous attendons. Car la bonne nouvelle c’est que Dieu vient vers nous, et il le fait souvent au travers des autres ! Dieu a commencé de venir et il vient encore, et il n’arrêtera jamais de venir. Amen
Vous remarquerez que quand on a dit attendre le salut, on a tout dit et en même temps on n’a pas dit grand chose de précis. Et à mes yeux c’est essentiel que l’objet de notre attente spirituelle, l’horizon de notre chemin de vie, soit exprimée en terme très généraux, cela permet que chacun le comprenne de manière personnelle et singulière.
Car si le salut de Dieu nous concerne tous, nous n’avons certainement pas besoin les uns les autres d’être sauvés des mêmes impasses, des mêmes péchés, des mêmes maladies.
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Grâce à vous je suis témoin depuis plusieurs mois que dans l’épreuve qui attend une délivrance, les encouragements fraternels m’ont permis de ne pas baisser les bras, votre attente patiente a été pour moi une semence de vie. Je vous en remercie et j’en rends grâce à dieu.
Pour illustrer ce que signifie le verbe attendre, je pense également à un personnage que Luc met en scène juste avant notre lecture de ce matin, au chapitre deux, il se nomme…
Syméon : « il y avait à Jérusalem un homme du nom de Siméon. Cet homme était juste et pieux. Il attendait la consolation d’Israël et l’esprit saint était sur lui. »
En un mot Syméon attend le salut comme consolation, comme il nous a été annoncé tout à l’heure dans le prophète Esaïe : « Consolez, consolez mon peuple… dites lui que son combat est terminé.
Attendre la consolation, frères et sœurs, c’est se tourner vers un Dieu qui nous donne son repos car il combat lui-même pour nous, il se saisit de notre cause et il en fait la sienne.
Frères et sœurs, avec Syméon, avec Jean-Baptiste, avec Jésus qui recevra l’Esprit saint à son baptême… avec eux et le Christ en tête, nous faisons partie d’un peuple aux aguets, d’un peuple en éveil, en attente. Attendre que Dieu sème de l’espérance, de la consolation, des signes de vie… et il le fait.
Je conclus par une piste de réflexion.
Il me semble qu’une vie spirituelle qui attend Dieu peut seule résister à une vie spirituelle qui serait fataliste. Je veux dire qu’une foi qui attend Dieu est une foi qui nous met en action, qui nous fait participer à la venue de ce que nous attendons. Car la bonne nouvelle c’est que Dieu vient vers nous, et il le fait souvent au travers des autres ! Dieu a commencé de venir et il vient encore, et il n’arrêtera jamais de venir. Amen