Dans le cadre de la Décennie des Nations unies pour la promotion d'une culture de paix et de non-violence au profit des enfants du monde, Christian RENOUX, président du M.I.R. et historien, a animé une rencontre sur la construction de la paix le 6 mars 2004 aux Clayes-sous-Bois.

Je vous propose ci-dessous l'essentiel de ce que j'ai retenu de sa présentation. Ce texte ne prétend pas être le reflet exact des paroles de Christian Renoux et n'engage que moi-même. Bruno Cêtre

Qu'est-ce que la Paix ?
C'est une attente, un désir profond de l'humanité.
C'est d'abord l'absence de guerre : Vivre en sécurité sans crainte d'être attaqué, vivre dans la dignité, dans le respect de ses droits.
Il n'y a pas de paix sans justice (cf. les Béatitudes).

L'absence de guerre n'est pas suffisante. Il faut aussi la justice sociale et économique.
Même dans nos sociétés parmi les plus riches du monde et de l'histoire, il y a de graves problèmes d'injustice sociale qui entraînent souvent de la violence.

Une autre source de violence est liée à la volonté de contrôle des ressources naturelles, notamment le pétrole et l'eau. C'est la cause de la plupart des conflits internationaux.
Les chrétiens ont redécouvert récemment l'importance de l'harmonie avec la création.
On retrouve dans le concept biblique de Shalom l'aspiration à la paix, au bonheur.

Il y a aussi les violences domestiques, particulièrement pour les femmes et les enfants.

Comment être artisan de paix dans ce monde ?
Le mot artisan reflète bien le fait que la paix demande à être construite.
Il faut se confronter aux violences, être conscient de la place qu'elles prennent.
L'engagement doit être progressif, même si la conviction doitêtre forte.

La violence détruit tout ce qui fait l'humanité dans l'être humain, physiquement et psychologiquement.
Il faut prendre le temps de repérer la violence, de l'analyser.

La violence n'est pas une fatalité ; elle n'est pas innée, comme on l'a longtemps cru, mais acquise. C'est l'éducation qui va lier à la violence des mécanismes innés (réaction à certaines situations,...).
L'agression peut détruire, rendre violent, mais certains réussissent à traverser cela , et vont parfois jusqu'à s'engager dans la non violence. La résilience est cette capacité à réagir positivement aux agressions subies et ainsi à éviter de les reproduire. Exemple : un enfant maltraité ne devient pas nécessairement un parent maltraitant s'il a pu rencontrer dans sa vie des personnes qui l'ont aimé et qui lui ont permis de se structurer sans violence.
Il y a dans nos réactions des éléments de violence.
Nous vivons dans une culture de violence. Comment la remplacer par une culture de paix ?

La Paix passe par un apprentissage. Pour nos mouvements, c'est par la non-violence : Vivre dans la société sans avoir recours à la violence, refuser la justification culturelle de la violence.
Les sociétés du passé étaient beaucoup plus violentes qu'aujourd'hui.
Dans notre civilisation judéo-chrétienne, on rencontre la violence très tôt, avec le meurtre d'Abel par Caïn. Pour Christian Renoux ce récit pourrait être le symbole du conflit entre nomades et sédentaires.

Il n'y a pas de justice sans vérité. Le mensonge est destructeur et source de violence.

Comment trouver d'autres façons de régler ces conflits ?
Le travail se fait autour : avant, pendant et après.
Nos intérêts sont différents et il en naît des différends. C'est la gestion de ces différends qui est importante. Quand il y a conflit, c'est qu'on a raté quelque chose ; on n'est plus dans le différent, on est déjà dans une situation de souffrance.
Il faut gérer les différends avant d'arriver au conflit ; dans un conflit, il y a toujours quelqu'un qui paye.
Il y a 3 étapes possibles : La prévention avant le conflit, la médiation pendant et la réconciliation après. Le M.I.R. (Mouvement International de la Réconciliation) est né après la guerre, d'où son nom *.

La cause principale des conflits est liée à la prise de décision. On souffre de ne pas être écouté, de se faire imposer quelque chose. Trois point à respecter pour évter les conflits :
- La consultation préalable.
- Tenir compte de cette consultation.
- Essayer d'arriver à une proposition consensuelle.
Tout cela demande du temps. C'est d'abord une question d'éducation.

Il y a une exigence de vivre ensemble. Il faut une éducation à la paix et à la non-violence dans l'école. Sont concernés tous ceux qui ont une autorité morale : Parents, enseignants et personnels des établissements scolaires.

Il faut donner accès à toute l'information pour éviter les manipulations.
Il faut dire la vérité pour la réconciliation (cf. Afrique du Sud).
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* Le MIR est né en 1914 d'une prise de conscience de chrétiens de nationalités et de confessions différentes, confrontés au scandale d'une guerre qui allait opposer des hommes se déclarant frères en Christ. (extrait de la plaquette du MIR)